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Paul Peterson est né à Hull, au Royaume
Uni, en 1968.
Batteur et percussionniste professionnel depuis 1984, il
a fait plus de 3000 concerts dans le monde entier, s’illustrant dans des styles
variés allant du punk à la soul, du jazz au raï et à de nombreuses formes
de musiques traditionnelles… Cette carrière de musicien professionnel, qui
l’a conduit à se produire dans des lieux aussi différents que les salles de
concert, les galleries d’art internationales, ou les “Working Men’s Clubs ”
(les cabarets du Nord de l’Angleterre), lui a apporté une inestimable
somme d’expériences humaines et artistiques. Performances publiques multiples
et culture de l’itinérant sont ainsi devenues autant de richesses personnelles
qui nourrissent une conception originale de l’œuvre d’art, à la fois déroutante
et éclectique.
Après avoir étudié les Beaux Arts à l’Université, Paul Peterson a développé une approche personnelle de l’improvisation qui culmine dans des représentations publiques alliant le son aux arts visuels et notamment à la video. Une performance de Paul Peterson ne peut pas être classifiée simplement comme une exposition, un concert, de la musique expérimentale, un film ou une pièce de théâtre. Dans une telle performance, le mélange de tous ces éléments donne naissance à un paysage visuel et sonore conceptuel.
Les aspects visuels des performances exploitent des gestes
culturellement spécifiques auxquels on ne prête pas attention lorsqu’ils se
produisent dans la vie courante, mais qui, lorsqu’ils font l’objet d’une représentation
artistique, interrogent notre relation à notre quotidien banal, révèlant ainsi
ce qu’il recèle d’extraordinaire et d’extrême. Ce qui n’était que routine
insignifiante devient rituel ; ce qui était trop visible pour être vu
devient soudain un point de convergence évident pour l’esprit, sollicitant
la somme des expériences individuelles et collectives de l’artiste et du public…
Paul Peterson a réalisé et projeté plusieurs
films vidéos dans des expositions et des festivals d’art internationaux. (cf.
CV pour la liste).
Les influences musicales de Paul Peterson recouvrent le
mouvement Punk britannique des années 70, les compositeurs de l’avant-garde
du 20ème siècle tels que John Cage aussi bien que les musiques
orientales ; mais la pratique de la musique expérimentale est incontestablement
la pierre angulaire de son univers sonore : « L’événement cathartique dans ma carrière
artistique fut mon initiation à la musique improvisée, que j’ai vécue comme
libératrice, en tant que pratique artistique à travers laquelle on peut transcender
les règles conventionnelles, élaborer sa propre technique et réaliser une
expression unique du “moi” au moyen d’un langage également unique, une sorte
d’anti-langage… » (P. Peterson, performance “The Zone”, en collaboration
avec NGO-X, Hull, Nov. 1998).
Pour Paul Peterson, l’intérêt de sa recherche réside dans
le mélange des percussions, du multi-média et de la musique électro-acoustique
et en particulier dans l’utilisation de sons environnementaux comme matériau
musical. Il s’agit notamment de recycler les sons qui proviennent de sources
diverses telles que l’internet ou l’environnement sonore. Le processus de
recyclage relève ainsi d’un esprit de bricolage.
Parmi ses multiples contributions à des œuvres artistiques,
Paul Peterson a réalisé des bandes-sons de films. Il travaille actuellement
sur l’une des bandes-sons de l’édition DVD du film documentaire “Burn”, réalisé
par l’artiste Bill Drummond, et dans lequel ce dernier a notoirement brûlé
le million de Livres Sterling que lui ont rapporté ses hits avec le groupe
“the KLF”.
Le travail actuel de Paul Peterson s’inscrit dans une perspective
similaire à celle présentée dans le cadre de l’exposition “the Icehouse” où
le son, la video et la performance publique génèrent une atmosphère qui stimule
tous nos sens.
Tantôt délicats et subtils, tantôt violents et chaotiques,
ces événements polymorphes nous interrogent sur ce qu’est l’art aujourd’hui :
« Nous vivons dans une
société de spectacle dominée par les effets spéciaux, le glamour et les phénomènes
de mode et dans laquelle l’éthos Hollywoodien est la norme. Les univers virtuels
sont à même de se substituer, dans l’esprit de nos enfants, à l’interactivité
réelle. Ma démarche artistique consiste à observer et écouter le monde, à
m’interroger et à interroger mes contemporains sur ce que nous sommes et sur
notre environnement. Je voudrais mettre un microscope sous les yeux des individus
et proposer une vision nouvelle de notre “extraordinaire ordinaire”. »
(P. Peterson, performance “COMMUNIChate”, mars 1999).
Le premier film de Paul Peterson
est une sorte de description poignante de ce qu’est le modèle familial courant
mêlé à des références personnelles et à des allusions au cycle de l’existence
humaine. La critique a vu une relation entre ce film et l’oeuvre de Bill Viola
“Nantes Tryptych”.
‘Several times
a day I….’ – Court métrage
Un voyage à la fois humoristique mais
poignant à la recherche de l’idée du “soi”. L’artiste s’est filmé lui-même
sur une période de 24 heures mais il n’a gardé que les séquences illustrant
ses moments de « frustration et nature obsessionnelle ». Pour Paul
Peterson, ce film est un acte de reconnaissance et d’acceptation
de soi-même et de la société britannique en général, à travers ses particularités.
Paul Peterson a entrepris d’envoyer
un mail à chaque “Paul Peterson” qu’il pouvait trouver dans le monde (150
individus), leur demandant de se décrire et de décrire leur vie ainsi que
leur environnement. Les e-mails reçus en réponse (au nombre de 30) furent
exposés, accompagnés de photographies de leurs auteurs.
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‘Re:Evolving.2000.360secs’
– Court métrage
“ Re:evolving ” fut le point culminant
de plusieurs réalisations antérieures, toutes concernées par les notions de
développement personnel, spirituel et culturel. 360 secondes, un mandala silencieux.
Laver son linge
sale en public : voyeurisme et déresponsabilisation dans les relations
interpersonnelles… L’artiste édifie un mur de briques tout en interprétant
une querelle avec sa propre femme. Sur chaque brique du mur est inscrit un
mot qui illustre une facette du mécanisme de déresponsabilisation et qui explicite
la dispute des deux protagonistes. La performance met en jeu la théâtralisation
du réel par la réactualisation publique d’un événement spécifique de la vie
privée.
‘Base Sample’ - Installation
Installation
pour laquelle les matières fécales de l’artiste, prélevées le premier jour
de l’an 2000, ont été utilisées pour la fabrication d’un disque qui fut “joué”
sur un système hi-fi, dans les toilettes d’une institution d’art. Une réponse
au phénomène du “turntablism” en vogue dans les milieux des Beaux Arts.
‘The Icehouse’-
exhibition
Ce projet constituait, pour Paul Peterson, sa première prestation associant
une performance “live” de 5 jours et une projection video grand-format.
Le site choisi était un théâtre désaffecté à Hull, Royaume-Uni. Pour la réalisation
de ce projet, Paul Peterson jouait de la batterie et déclenchait simultanément
des samples au moyen d’un programme conçu pour lui par “Karlheinz Essl”, un
artiste et compositeur autrichien, qui travaille notamment avec l’IRCAM (centre
de recherche acoustique de Paris, dirigé par Pierre Boulez).
L’enjeu consistait à libérer l’artiste de toute distraction physique. La performance
s’est déroulée sur une durée de 60 heures (12 heures par jour pendant 5 jours)
et constituait un défi physique et mental accompagné par une boucle video
diffusée en projection murale et dont le contenu mettait en jeu à la fois
le “moi et les imperfections” de l’artiste. Dans le même temps, la performance
mettait en question les limites de la connaissance scientifique des notions
d’endurance et de spiritualité humaines.